L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme un élément moteur de la transformation du monde du travail. Si elle suscite un enthousiasme croissant dans certains pays, elle suscite également de nombreuses interrogations, voire des craintes, chez les employés. Ces inquiétudes reposent principalement sur la peur de voir des machines pensantes remplacer les humains dans des fonctions essentielles, menaçant ainsi le fragile sentiment de sécurité professionnelle. Néanmoins, loin de se substituer à l’homme, l’IA a le potentiel d’agir comme un levier d’efficacité, en libérant les employés des tâches répétitives et fastidieuses qui alourdissent leur quotidien.
Récemment réuni à Davos, le Forum économique mondial (WEF) a pris conscience de l'impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans divers secteurs. L'organisation a décidé d'explorer ce phénomène sous l'angle de l'emploi avec une étude intitulée « Future of Jobs 2025 ». Selon cette étude, d'ici 2030, près de 92 millions d'emplois pourraient disparaître en raison de l'automatisation et de l'intégration massive de l'IA dans plusieurs domaines. En effet, 41 % des entreprises envisagent de réduire leur effectif au cours des cinq prochaines années, car de nombreuses tâches seront automatisées ou assistées par l'IA. Toutefois, cette transformation pourrait également engendrer 170 millions de nouveaux emplois, en particulier dans le secteur numérique.
L'étude met en avant l'importance pour les entreprises d'adopter une approche équilibrée, visant à préparer les employés à travailler en synergie avec les systèmes d'IA plutôt que de les remplacer. Dans ce contexte, l'IA générative peut servir à améliorer les compétences humaines et à aider les employés moins qualifiés à accéder à des tâches plus complexes. Les entreprises investissent sur le sujet. Capgemini a par exemple annoncé l’été dernier investir deux milliards d'euros sur trois ans dans l'IA générative. L'entreprise entend étoffer son offre dans ce domaine et renforcer ses effectifs pour accompagner au mieux ses clients.
Chez Palatine Asset Management, nous investissons sur des valeurs comme Capgemini qui prévoit d’augmenter ses effectifs sur les sujets « IA et data », notamment sur ses sites de Rennes, Nantes et Toulouse. En résumé, l'impact de l'IA sur l'emploi dans les entreprises dépend de la manière dont elle est mise en œuvre et de la capacité des entreprises à gérer cette transition. Si elle est gérée de manière appropriée, l'IA peut avoir un impact positif en augmentant la productivité, en créant de nouveaux emplois et en stimulant le développement de compétences.
Bruno VACOSSIN - Gérant du fonds Palatine Europe Sustainable Employment