La durabilité, qui est au cœur des préoccupations de la plupart des entreprises et des investisseurs, fait face à des défis alors que certaines grandes institutions financières réévaluent leur engagement envers les initiatives climatiques. Des entreprises telles que Coca-Cola et Unilever semblent privilégier des préoccupations économiques immédiates, remettant ainsi en question leur engagement envers la durabilité, dans un contexte où les gouvernements commencent également à alléger leurs engagements réglementaires. L'élection de Donald Trump, avec son scepticisme envers les politiques climatiques, a également contribué à ce climat d'incertitude, renforçant les pressions sur les entreprises pour qu'elles privilégient des priorités économiques à court terme. Néanmoins, ces reculs ne signifient pas nécessairement la fin des efforts en matière de finance durable.
Le changement climatique, la perte de biodiversité, les inégalités sociales ou encore la transparence des entreprises demeurent des enjeux cruciaux pour les entreprises qui souhaitent répondre aux attentes croissantes des parties prenantes en matière de responsabilité sociale et environnementale. Les métriques financières traditionnelles ne suffisent plus dans un monde confronté à des défis environnementaux sans précédent, des inégalités sociales croissantes et des complexités de gouvernance grandissantes. À l’heure où le monde s'éloigne de tout scénario plausible de restriction du réchauffement à 1,5 °C, il est impératif que les entreprises et les investisseurs s'engagent activement dans des pratiques durables.
La disponibilité de données ESG de qualité est essentielle pour aider les entreprises à gérer les risques et à développer des produits durables répondant aux attentes des consommateurs. Le pilier social de l’ESG, souvent négligé, doit être davantage intégré dans les stratégies d'entreprise, car il est vital pour l’essor économique et la gestion des risques. Les entreprises doivent également utiliser les critiques à l'égard de l'ESG comme une opportunité pour clarifier leur communication et maintenir un engagement solide envers les objectifs ESG. Palatine AM est de plus convaincu que l'avenir de l'ESG dépendra de la capacité à évaluer l'impact réel plutôt qu'à se contenter de surveiller des indicateurs.
Marie-Pierre GUERN - Directrice de la Gestion & Responsable ESG